La répartition des sites concernant cette période se fait au nord et au sud de la commune de Saint-Thibéry. En […]
La répartition des sites concernant cette période se fait au nord et au sud de la commune de Saint-Thibéry. En grande partie ce sont des fragments de céramiques et outils en pierre (silex/quartz) récoltés de manière éparse.
Aux prémices de Saint-Thibéry
Les premières traces de présence humaine sur la commune de Saint-Thibéry concernent le paléolithique inférieur (1 millions d’années à 300 000 ans BP) et consistent en des mobiliers lithiques tels que des bifaces acheuléens (500 000 à 300 000 BP)

C’est ensuite au chalcolithique (-3000 à – 2300) que l’on retrouve non plus seulement une fréquentation mais une installation humaine au travers d’une cabane et d’une statue menhir au lieu dit Le Mourre. Cette installation correspond à une phase de sédentarisation de l’homme débutée à la période précédente (- 8000/ - 2500 néolithique).

A la fin de cette grande période préhistorique débute l’occupation du Fort, plus précisément à l’âge du Bronze Final III. La céramique dite mailhacienne en est une illustration. L’intérêt de cette occupation réside en sa rareté : Le Fort est l’un des seuls sites de la basse vallée de l’Hérault où l’on trouve un habitat de l’âge du Bronze final.

En l’état actuel des recherches, la préhistoire est donc représentée pour les phases anciennes de manière éparse. C’est au chalcolithique que l’on commence à percevoir une organisation qui se met en place et se précise lors des périodes plus récentes.
Le site du Fort : poste frontière ?
Durant la protohistoire les populations s’installent sur le site du Fort qui est interprété comme le site de Cessero.
Après l’occupation du Bronze Final, on constate un hiatus jusqu’à la fin du Vème/début IVème siècle avant notre ère. Il se peut que l’habitat de la Monédière à Bessan (VIème/Vème siècle avant J.-C.) se soit déplacé à Saint-Thibéry Le Fort. Ses céramiques, essentiellement biterroises, et sa position stratégique laissent à penser qu’à cette époque « Le Fort » devient un établissement militaire (ou du moins un poste frontière entre le monde grec et le monde indigène). Il s’éteint avec l’abandon de la grande cité protohistorique de Béziers à la fin du IIIème siècle avant J.-C.

Des ateliers de fabrication de meules en basalte ont fonctionné entre Saint-Thibéry et Bessan. Ils ont fourni les plus anciens spécimens de meules rotatives actuellement découvertes en Languedoc Oriental et en Provence (1er quart du IVème siècle avant J.-C.) Au IIème siècle avant J.-C. cette production perd de son intensité au profit du site de carriers d’Embonne au Cap d’Agde.

Cessero : l'agglomération Antique
Après un possible hiatus au IIIème siècle avant J.-C., l’agglomération de Cessero (Saint-Thibéry) semble s’organiser à nouveau à l’époque républicaine. Cette occupation est faible sur le site du Fort mais apparemment attestée au bas de ce dernier et dans la campagne environnante.
Sous le village actuel les quelques découvertes de cette période suggèrent une occupation antérieure au moyen-âge. Du IIème siècle avant au IIème siècle après J.-C., l’occupation du sol ne cesse de s’intensifier.
Ce territoire très prisé voit se construire la voie domitienne (118 av. J.-C.) et semble jouer un rôle de relais. Cette voie est/ouest est complétée par une voie nord/sud la voie Cessero-Segodunum qui permet les échanges entre la côte et l’arrière pays. De plus sa position aux confluences de la Thongue et de l’Hérault, son rôle de point de départ vers Segodunum en fait un lieu privilégié pour les échanges commerciaux.
Cette position géographique est mentionnée dans de nombreux itinéraires routiers tels que :- les gobelets de Vicarello, La table de Peutinger, L’itinéraire d’Antonin, L’itinéraire de Bordeaux à Jérusalem, Pline l’Ancien (Ier siècle après J.-C.) qui le mentionne comme oppida latina, ou encore Ptolémée.

La principale activité de ces fermes semble être la viticulture. C’est en effet à partir du IIème siècle avant J.-C. que l’on voit se développer des fermes viticoles dont l’activité peut parfois s’étendre jusqu’à la production d’amphores. Il semble qu’au IIème siècle avant J.-C. des colons particulièrement riches procèdent à des investissements énormes (pour acquisition des terres, leur mise en état, la plantation de vignes, la construction des domaines et de leurs importantes machineries, l’entretien d’une main d’oeuvre abondante...) à des fins spéculatives (le vin se négociait fort cher). Au Ier siècle avant J.-C. ces grandes productions cessent, peut-être à cause d’un édit romain, afin de ne pas nuire à l’écoulement des productions de la péninsule italienne. Les villae ne disparaissent pas mais réduisent leur activité pour n’alimenter que les besoins locaux. A partir du Ier siècle de notre ère la production viticole s’intensifie considérablement
Les villae de l'Antiquité tardive
Après la crise du IIIème siècle après J.-C., on constate que les sites ruraux sont moins nombreux par rapport à la période précédente.
Sur le territoire de Saint -Thibéry ce sont essentiellement les grosses villae romaines qui perdurent à l’antiquité tardive. Nous possédons peu de renseignements sur ces villae et leur activité car elles ont été repérées en prospection. Une de ces villae, au nord de la commune, perdure jusqu’au Xème siècle après J.-C. (Nadailhan).

La réorganisation du terroir : l'implantation de l'Abbaye bénédictine
En ce qui concerne le moyen-âge, on assiste à une réorganisation du terroir, les populations connaissent un phénomène de micro-déplacement autour des centres plus ou moins importants. Entre le VIIIème et le Xème siècle on constate la construction d’églises et de tours avec une concentration de l’habitat autour de ces pôles. Saint-Thibéry s’organise autour de l’abbaye, fondée à la fin du VIIIe siècle établie au pied de la cité antique de Cessero où se trouve un château mentionné dès 990. Outre cette mention, les traces archéologiques font à l’heure actuelle défaut. En effet, le moyen-âge est représenté sur le site du Fort par une nécropole.
On note également la présence d’une église autour de laquelle semble se développer un petit hameau au lieu dit Saint-Martin.
Le pont dit « romain », enjambait l’Hérault à la période médiévale et permettait la traversée du fleuve lors des foires ou encore des pélerinages vers Saint- Jacques de Compostelle.


Céline Gomez-Pardies, archéologue CAHM