Entre plaine et volcan D'un point de vue géologique, au nord se dressent les Monts Ramus (anciens volcans) et à […]
Entre plaine et volcan
D'un point de vue géologique, au nord se dressent les Monts Ramus (anciens volcans) et à l'est serpente le fleuve Hérault. Tous deux structurent le paysage de coulées basaltiques et d'alluvions.
C'est dans ce contexte géologique que va se développer l'occupation humaine qui débute au Néolithique.
Aux origines de Bessan
C'est au Néolithique que se perçoit les prémices du site de la Monédière dont l’occupation s'affirmera au cours de l’âge du Fer.

C’est la nécropole à incinération de Vignes-Vieilles, découverte en 1972 suite à un charruage et fouillée par Jean Grimal, qui livre quelques renseignements sur les pratiques religieuses de l’âge du Bronze jusqu’au tout début de l’âge du Fer (900-675). A cette période deux méthodes de traitement du défunt coexistent l’inhumation et l’incinération. A Bessan la découverte d’une quarantaine de tombes de cette période met en avant la pratique de l’incinération sur notre territoire dès le Xe siècle avant J.-C.
Un poste frontière au sud du territoire
Durant la protohistoire, on constate la présence d’un important habitat de hauteur : la Monédière correspond à un habitat du VIème siècle avant J.-C. Ce site d'importance majeure est occupé par une population mixte et s'enrichit grâce à sa fonction d'indispensable relais pour la traversée du fleuve et pour l'acheminement vers les principaux sites indigènes de la rive droite de l'Hérault. Au IVème siècle avant J.-C., il est délaissé, au profit du site du Fort à Saint-Thibéry qui semble à son tour jouer le rôle de relais qu'avait eu auparavant la Monédière.

Cette importante agglomération se situe à une intersection de deux voies de communication. Une est-ouest surnommée voie Héracléenne et mise en évidence par Elian Gomez dans le cadre de sa thèse ; l'autre, nord/sud établie sur la rive droite du fleuve (assez mal connue). Enfin, le fleuve Hérault, vient alors compléter le réseau des voies de communication. Ces voies avaient une fonction commerciale évidente.

Très tôt, dès le IVe siècle avant J.-C., des ateliers de fabrication de meules en basalte semblent avoir fonctionné entre Saint-Thibéry et Bessan. L'emplacement de ces carrières de basaltes ne sont à ce jour pas localisées. Mais J.-L. Reille a pu démontrer que des meules rotatives en basalte mises au jour sur des sites du midi de la Gaule provenaient préférentiellement de la coulée basaltique de Bessan/Saint-Thibéry. Ce sont les plus anciens spécimens de meules rotatives découvertes en Languedoc et en Provence. Ces objets semblent avoir connus une diffusion importante. Au IIème siècle avant J.-C. cette production perd de son intensité au profit du site de carriers d'Embonne au Cap d'Agde qui s’est, à son tour, spécialisé dans la fabrication de meules rotatives.
Bessan Antique
Par la suite, un nouvel ensemble composé de plusieurs fossés appartenant à un vaste enclos succède à l'agglomération protohistorique de la Monédière. L'abondance du mobilier retrouvé ne trouve pas de comparaison sur les sites alentours datant de la même période, ceci signale peut-être pour cet établissement une fonction de relais commercial ou de point de rupture de charge établi contre l'Hérault ou près de son bras occidental supposé.
A partir de la fin du IIème siècle avant J.-C. mais surtout dans la deuxième moitié du Ier siècle avant J.-C. le nombre des établissements ruraux s'accroît de façon considérable marquant une expansion économique et démographique importante. La presque totalité de ces établissements vont perdurer jusqu'au Haut-Empire.
Durant cette période, ces établissements modèlent l'espace rural, ils se développent notamment autour de la Capucière. A cet endroit a pu être constaté, la découverte d'un trésor monétaire (carrière Zarroca) comportant 130 monnaies d’argent datées du Ier siècle av. J.-C. Probablement un ensemble de monnaies enfoui dans un contexte économique ou sociologique troublé ou un dépôt votif.

La fin de l’Antiquité est marquée par la présence d’au moins deux lieux d’inhumation : l’un mis au jour lors de l'exploitation de la carrière des Roches Bleues et l’autre découvert lors de l’aménagement de la voie rapide au lieu-dit Touroulle.
Vers le haut Moyen-Âge : un premier noyau d’occupation
A l'antiquité tardive le nombre de domaines agricoles diminue considérablement. Il semblerait que seuls les établissements les plus importants perdurent. Ainsi au contact de la plaine alluviale de l'Hérault le site de Saint Laurent de Touroulle demeure.
En ce qui concerne le Moyen-Âge, on assiste à une réorganisation du terroir, les populations connaissent un phénomène de micro-déplacement autour des centres plus ou moins importants. Entre le VIIIème et le Xème siècle on constate la construction d'églises et de tours avec une concentration de l'habitat autour de ces pôles. Bessan se structure au lieu-dit Touroulle autour d'un pôle écclésial et d'un pôle castral. Ces pôles se déplacent ensuite à l'emplacement du village actuel, dont on trouve la mention de paroisse dès 1070.

Céline Gomez-Pardies